Incendie criminel et solidarité bisontine
Le 3 novembre dernier, un incendie criminel a ravagé une résidence universitaire, au 3 rue Picasso, dans le quartier bisontin de Planoise. Le bilan fut tragique : douze blessés et un mort, Salah Gaham, gardien de l’immeuble qui a courageusement voulu porter secours aux habitants en détresse. Si Bo Wu, étudiante chinoise touchée par l’incendie, raconte.
« Je n’aurais jamais pensé que ce terrible incendie se serait passé chez moi. Mais c’est vraiment arrivé.
C’était mon vingt-quatrième jour en France, et la première fête de la Toussaint que je passais ici. L’incendie a eu lieu le second jour de la fête de la Toussaint.
Cette nuit-là j’écoutais de la musique. Mais l’atmosphère n’était pas normale, je ne savais pas pourquoi. A midi j’ai entendu du bruit ; j’ai éteint la musique pour bien écouter. A ce moment-là le bruit est devenu de plus en plus fort. J’ai ouvert la fenêtre pour savoir ce qui se passait, et quand je l’ai ouverte beaucoup de fumée est entrée. J’ai réalisé que c’était un incendie. J’ai eu très peur. J’ai coupé le courant, et cherché une écharpe pour me boucher le nez. Alors j’ai ouvert la porte pour m’échapper. Quand je suis sortie, il n’y avait personne dans le couloir, et beaucoup de fumée. Je ne voyais rien, je suis allée à l’escalier de secours en tâtonnant. J’ai alors réalisé que je devais appeler les autres locataires, donc j’ai crié « feu, fire ! ». Enfin j’ai trouvé la porte de l’escalier de secours, et je suis sortie. Quand je suis sortie de l’immeuble, j’ai entendu une explosion et vu des flammes derrière moi. J’ai été très choquée. Devant l’immeuble mes amis étaient là, et j’ai retrouvé mes esprits.
Après trente minutes environ, les pompiers et les ambulances sont arrivés. Malheureusement une de mes camarades a été brûlée. Je n’ai pas su si elle avait été sérieusement brûlée, mais j’ai vu qu’elle était toute noire, ses cheveux avaient brûlé. Il pleuvait, nous étions tous mouillés.
Le feu éteint, nous avons été assemblés dans une maison pour nous laver et manger ; les policiers ont pris nos noms et les médecins nous ont examinés. A trois heures du matin nous avons été emmenés dans un gymnase. Les policiers nous ont donné des matelas et des tapis. J’ai eu peur, j’avais respiré trop de fumée et les médecins m’ont donné de l’oxygène. Après j’ai dormi très rapidement. Le lendemain, nous avons été envoyés au Centre International de Séjour pour y vivre de manière provisoire.
C’est un cauchemar : les scènes que je ne vois que dans les films ont eu lieu chez moi. Je crois que je ne l’oublierai jamais !
Dans les jours qui ont suivi l’incendie, je me disais toujours « c’est un cauchemar, c’est une tragédie ». En fait, quand j’ai réalisé ce soir-là qu’il y avait un incendie, je n’y avais pas cru sur le coup : il m’a semblé qu’on nous faisait une mauvaise farce. Mais quand j’ai vu que tout le monde était sorti de l’immeuble, impressionnés, c’est seulement là que j’ai accepté la vérité.
A ce moment, ma première réflexion concernait la raison de l’incendie. La plupart des locataires du logement qui a brûlé sont chinois. Est-ce que l’incendie nous visait ? Si c’est vrai, c’est vraiment terrible. La Chine est une nation aimable avec tout le monde. Nous, les chinois, sommes gentils et sympathiques ; nous et les autres peuples nous respectons. Je ne sais pas pourquoi l’incendie nous aurait visé.
Dans les jours qui ont suivi l’incendie, je me disais toujours « c’est un cauchemar, c’est une tragédie ». En fait, quand j’ai réalisé ce soir-là qu’il y avait un incendie, je n’y avais pas cru sur le coup : il m’a semblé qu’on nous faisait une mauvaise farce. Mais quand j’ai vu que tout le monde était sorti de l’immeuble, impressionnés, c’est seulement là que j’ai accepté la vérité.
A ce moment, ma première réflexion concernait la raison de l’incendie. La plupart des locataires du logement qui a brûlé sont chinois. Est-ce que l’incendie nous visait ? Si c’est vrai, c’est vraiment terrible. La Chine est une nation aimable avec tout le monde. Nous, les chinois, sommes gentils et sympathiques ; nous et les autres peuples nous respectons. Je ne sais pas pourquoi l’incendie nous aurait visé.
Maintenant j’ai trouvé une nouvelle chambre avec mon ami. C’est très confortable et agréable. Chaque jour j’écoute de la musique et je regarde la fenêtre. J’oublie peu à peu l’incendie. J’aimerais que l’incendie n’ait jamais eu lieu. »
Au total, c’est 71 victimes qui ont perdu leur logement et ont subi des séquelles, psychologiques, matérielles et parfois physiques. Suite à ce drame, un mouvement de solidarité s’est rapidement créé autour des victimes : à Planoise, une marche silencieuse a été organisée par la mairie et le collectif des associations planoisiennes. Un collectif de soutien a également rapidement été mis en place, comprenant notamment la mairie, l’université de Besançon (maison de l’étudiant et centre de linguistique appliquée), le collectif des associations planoisiennes, l’association des étudiants chinois de Besançon et Radio Campus. Ce mouvement a ainsi lancé un appel à la solidarité bisontine et soutenu les étudiants sinistrés dans leurs démarches administratives, tant au niveau de l’indemnisation que du relogement.
Deux mois après, le drame n’a pas été oublié, loin de là : le collectif organise une soirée de solidarité en ce début d’année, le jeudi 26 janvier au Grand Kursaal. Les différents artistes joueront bénévolement, et l’ensemble des fonds récoltés sera versé au fond solidaire du collectif, qui continue notamment à soutenir financièrement les étudiants qui ont été hospitalisés des suites de leurs brûlures. Une étudiante taïwanaise notamment a été très gravement brûlée, et continue à être soignée à Lyon.
L’autre but de cette soirée ? Regrouper les étudiants sinistrés et la population bisontine, associations et particuliers. Passer un bon moment ensemble, et rappeler à ces étudiants et à la famille de Salah qu’on ne les oublie pas et qu’ils sont soutenus.
L’autre but de cette soirée ? Regrouper les étudiants sinistrés et la population bisontine, associations et particuliers. Passer un bon moment ensemble, et rappeler à ces étudiants et à la famille de Salah qu’on ne les oublie pas et qu’ils sont soutenus.
Collectif de solidarité pour les sinistrés de Planoise :

Soirée de soutien le jeudi 26 janvier, 20h30, Grand Kursaal, Besançon.
Concerts, théâtre, dialogues.
Assram (musiques algériennes), Mariam (pop anglaise), Jamra (musique arabo-andalouse) ; prestation d’étudiants chinois ; participation de Noël Pelhate (saxophone).
Entrée libre sur réservation.
Navettes de bus gratuites misent en place par la Cagb.
Renseignements et réservations au 03 81 66 67 42
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